Histoire de la ville de Berne

01.02.2017

C’est au duc Berthold V de Zähringen que l’on doit la fondation de la ville de Berne. Il s’était avéré nécessaire, pour des raisons stratégiques, de disposer de fortifications le long de la péninsule formée par la boucle de l’Aar.

La fondation de la ville

Le duc confia donc à un de ses seigneurs la construction d’une cité à cet endroit précis. À l’extrémité de cette langue de terre, trônait d’ores et déjà un imposant édifice, structure impériale libre probablement érigée au XIe siècle. Au cours du XIIe siècle, une petite agglomération apparaît tout autour de ce château nommé Nydegg. Cuno de Bubenberg, responsable de la bonne exécution des ordres ducaux, avait abattu la forêt de chênes couvrant à cette époque la péninsule et utilisé leur bois afin de bâtir les premières habitations. Nous sommes en 1191, Berne faisait alors partie du royaume de Haute-Bourgogne (ou Bourgogne transjurane), placé sous l’autorité des ducs de Zähringen, eux-mêmes désignés comme tels par l’empereur Lothaire III. Cuno de Bubenberg édifia les premières murailles de la cité au coeur de laquelle l’impressionnante Zytglogge (Tour de l’Horloge) fut construite. La Zytglogge fut aussi la première et principale porte de la cité ouvrant sur l’arrière-pays. Les murs de la ville, située en hauteur, faisaient face à un fossé naturel qui tenait alors lieu de douve.

Le nom de la ville

C’est en 1224 qu’apparaissent pour la première fois les plus anciennes et bien célèbres armoiries de la ville. Elles arborent un ours («Bär» en allemand) et le nom de Berne. La légende veut que le nom de Berne (prononcé «Bärn» dans le dialecte local) ait été attribué à la ville par le duc Berthold V de Zähringen après qu’il ait abattu un ours, première trophée d’une partie de chasse sur les terres boisées avoisinant la ville. La similarité entre le mot «Bär» et le nom même, Berne, lève assurément les doutes quant à l’authenticité de la légende.

Au XIIIe siècle et sous le protectorat du comte Pierre de Savoie, les limites occidentales de la ville furent étendues et un nouveau rempart érigé ayant pour porte principale la Käfigturm (Tour des Prisons). La ville connut plusieurs accroissements au cours du XIVe siècle, portant ainsi ses limites à l’emplacement actuel de la gare principale. Le troisième mur de la ville fut bâti en l’espace, remarquablement court pour l’époque, d’un an et demi, pour être finalement détruit, il y a seulement cent ans.

Le grand incendie

C’est par le feu que la plus grande partie de la ville de Berne fut ravagée en 1405. Les maisons furent reconstruites sur leurs anciennes fondations, le grès des carrières voisines supplantant alors le bois. La plupart des ces bâtiments furent remplacés durant les XVIe et XVIIe siècles par de nouveaux édifices. La richesse des détails qu’ils déploient et leur allure harmonieuse enchantent encore de nos jours les visiteurs. Berne était bien entendu obligée de défendre sa liberté contre les attaques. La bataille livrée à Laupen en 1339 contre la coalition de la noblesse bourguignonne, joua un rôle prépondérant dans la préservation de son indépendance. La ville de Fribourg, fondée par le père du duc Berthold V de Zähringen, avait rejoint le camp des ennemis. L’armée bernoise remporta la victoire, un conflit qui marqua irrévocablement la défaite de la noblesse et consolida l’avenir de la ville. Berne fit en 1353 son entrée dans la Confédération suisse mais ne cessa pour autant de mener avec vigueur sa propre politique. Le pouvoir de Berne lié à ses acquis territoriaux et essentiellement gagné au détriment de la Maison de Savoie, connaît son apogée entre 1536 et 1798. D’importants territoires bordant le lac Léman furent placés sous l’autorité bernoise et si les régions francophones de la Suisse font aujourd’hui partie de la Confédération, c’est surtout grâce à l’intervention de Berne.

L’invasion française

L’invasion française de 1798 anéantit le pouvoir dont Berne jouissait jusqu’alors. Des ruines laissées par Napoléon ler jaillit une Suisse nouvelle et Berne est contrainte de céder, à peu de chose près, la moitié de ses territoires afin de permettre la formation de deux nouveaux cantons, le canton d’Argovie et le canton de Vaud.

La ville devint toutefois le chef-lieu du canton de Berne et en 1848, le premier Parlement national suisse lui rendait hommage en la désignant comme capitale (Ville fédérale) de la Confédération suisse. Les cantons qui lui étaient autrefois assujettis ont soutenu résolument la ville lors de la prise de décision, un témoignage de reconnaissance que les Bernois ont accueilli avec grand plaisir.

Les 50 dernières années

Durant les cinquante dernières années, Berne a connu une expansion d’une grande ampleur. De grands ponts enjambent l’Aar reliant ainsi la vieille ville avec ses banlieues récentes. Tout en conservant son aspect médiéval, la vieille ville est devenue un important centre d’affaires et sait, avec ses arcades, ses fontaines historiques, tours et rues attrayantes, ravir les visiteurs. Les édifices et lieux d’intérêt les plus célèbres que propose Berne sont le vieux Hôtel de ville construite entre 1421 et 1527 par Matthäus Ensinger et Erhart Küng ainsi que le Parc aux Ours, un lieu enchanteur pour petits et grands. Plus de 70 ambassades et légations sont présentes à Berne, et plusieurs organisations internationales, telle que l’Union postale universelle, créée ici même en 1874, siègent également à Berne.

Une ville nouvelle s’est développée, bien au-delà de l’ancienne cité bernoise, celle qui défendait vigoureusement sa liberté contre les attaques qui pouvaient fuser de toutes parts. Son passé éminent est bien vivant, transparaissant dans les vieilles rues, se devinant chez ses citoyens qu’une certaine robustesse caractérise. Elle a mené à bien sa mission: unir les parties germanophones et francophones. En sa qualité de capitale, elle ne cesse de réunir en son sein les nombreuses qualités qui distingue la nation suisse.